« Bien cher critique rock bénévole, j’ai un problème, quand j’écoute l’album de Neon Cage Experiment, je n’entends qu’une pâle copie de Front Line Assembly, que faire ?
- Commence par le titre « Our Judgement » qui s’affirme comme un classique du genre. Sous le simplisme de surface, initie-toi aux sons très calibrés, aux variations dansantes. Ensuite, cale-toi l’oreille sur quelques rythmiques, tantôt bruitistes, sèches et rugueuses (« First »), tantôt drum and bass (« Sequenced Lives »), d’autres fois encore ultra-syncopées (« Surrender »). Mets le volume bien à fond, tu découvriras alors le jeu avec les clichés rock dont les Strasbourgeois sont capables : n’entends-tu pas comme « Untitled » est groovy, parfois presque new-wave avec ses synthés 80’s ? Ne tiens pas compte des petites erreurs de parcours, comme cette envie de briller et de tout montrer qui fait que certains morceaux pâtissent d’un trop plein. Souviens-toi aussi qu’il s’agit d’un premier album, après une démo remarquée, et qu’il est normal à ce stade que des influences soient encore très présentes. Prête plutôt attention aux breaks ! Dans « Puppy », un passage vient stresser avec grâce l’auditeur par une étincelle d’electronica qui prend feu. Bon, je te l’accorde, la voix est encore trop linéaire et ne montre pas suffisamment de variations. Mais rien ne t’oblige à écouter tout l’album en une seule fois et sur « We Two Are One », Laurent touche juste, est plus que convaincant. Concentre-toi sur la construction de « Sharpest Tool », beaucoup plus atmosphérique que les pistes précédentes, pense à la mer, à des vagues de sons, à des voyages dans le temps et laisse-toi bercer et surprendre. Tu tiens là une belle maîtrise avec des synthés proches de ceux de « Pornography » de Cure, superposés à une agressivité douceâtre. Et si vraiment, tu n’accroches pas, c’est pas grave : on ne peut pas tout aimer. »
Obskure