Interview with Cold Room :


Coldroom : Nico, peux-tu nous présenter ton coéquipier ? Même question pour Stef. (réponses sans concertation, ndlr)

Nico : J'ai connu Stef en 95 lors d'une soirée, il cherchait quelqu'un pour monter son projet Electro, je me suis dit essayons, et depuis... Stef est à la base de Skoyz et c'est lui qui crée tous les morceaux, après j'interviens dans le processus d'arrangement et de mixage ainsi que pour les voix.

Stef : Nico est avec moi l'âme de Skoyz, il est sa voix. On travaille malgré la distance en osmose quasi parfaite sur la musique et l'orientation que celle-ci doit prendre. Il a plus de recul vis à vis de la musique ce qui m'aide grandement et nous permet de ne pas se répéter et c'est important après 10 ans de collaboration.

Coldroom : La question sans doute mille fois posée : d'où vient le nom du groupe ?

Stef : Etrangement cette question n'a presque jamais été posée : il vient de la contraction de l'ancien nom du groupe : SQUID NOIZE, je laisserai le soin aux lecteurs de le traduire, SKOYZ représente mieux notre musique.

Nico : Le mot SKOYZ fonctionne beaucoup mieux : direct, brut et beaucoup de points au Scrabble.

Coldroom : "Sofistik8" est la première démo, parue en 1996. Ca vous inspire quoi quand on vous en reparle ? Quel regard et surtout quelle écoute portez-vous à cette période ?

Stef : C'était une période excitante, on expérimentait beaucoup car Stéphane notre guitariste à l'époque était très branché par les oeuvres de Cevin Key, Nico par F242 et moi par FLA c'était un mixage de tout ça et ça me rappelle surtout que Skoyz a déjà 10 ans et que notre musique à pas mal évoluée. Le matériel est plus performant, plus besoin de taper sur l'ordinateur pour qu'il fonctionne...

Nico : C'était nos débuts, on expérimentait sans trop savoir où on allait (crossover, indus, electro...), à cette époque, la musique était plus dure, surtout les vocaux. Le temps passe, la musique a changé mais l'esprit est toujours là : se faire plaisir et faire ce que l'on aime.

Coldroom : Ce n'est qu'en 1999, qu'est sortie la deuxième démo. Que s'est-il passé entre temps ?

Stef : Il y a eu pas mal de changements, Stéphane est parti ; on travaillait à l'époque avec un ingé du son et ça a mal finit, on s'est séparé. Par la suite il a fallu réapprendre à bosser seuls surtout au niveau du mixage, ce n'était pas évident. Ensuite on a beaucoup bossé sur les morceaux (nous ne sommes pas très rapides) et les voix : Nico est très pointilleux sur ce point et c'est tant mieux. Ca a payé, en 2001 Trisol nous a signés et l'aventure continue...

Nico : A cette époque, on a pas mal galéré et c'est là qu'on a remis à plat la direction musicale de Skoyz. C'est vrai qu'on travaille lentement mais on n'est pas dans l'esprit de sortir un album tout les ans coûte que coûte.

Coldroom : 2001 justement, Trisol sort votre premier véritable album ("Decay"). S'il devait y avoir une anecdote particulière liée à ce disque, ce serait quoi ?

Nico : Un grand étonnement ! On avait démarché très peu de labels, en se disant on verra bien et puis quand ils nous ont contacté on y croyait à peine. A près la signature on a du apprendre à travailler vite et à peu près bien pour finir l'album dans les temps !

Stef : Je ne pense pas qu'il y ait une anecdote particulière à part quand Trisol nous on contacté : ça nous à fait un choc car on avait envoyé très peu de démos aux labels ; on s'est dépêché de finir l'album.
On avait une habitude de travailler un peu dans l'urgence, heureusement ça nous est passé.

Coldroom : Enfin en 2006, c'est l'arrivée de "Hologram". Ce CD qui devait sortir auparavant sur un autre label – défunt depuis –, arrive finalement chez Cortex Records. Un petit rappel des faits ?

Stef : Les faits sont très simples : à l'époque nous recherchions un label pour sortir Hologram quand Radek de BF nous contacte. Au départ c'était un mail de temps en temps et au final une avalanche de propositions qui faut bien le dire on ne pouvait refuser. Le seul hic, et de taille, c'est qu'à aucun moment on ne voyait l'ombre de ce qu'il avançait, pas de date de sortie, pas de promo et jusqu'au bout il nous aura menés en bateau. Pour notre part on a pu sauver les meubles mais pour d'autres ça du être plus dur.

Nico : Heureusement pour nous on a pu couper court avec Black Flames à temps. Le gros point noir de cette affaire c'est d'avoir perdu beaucoup de temps pour la sortie d'Hologram.

Coldroom : Qu'est-ce qui vous inspire pour les compositions et quels sont vos thèmes de prédilection ?

Stef : Je peux répondre pour les musiques : ce sont des musiques qui m'inspirent et non des situations. J'écoute énormément de musiques électroniques qui vont de l'ambiant à l'electronica et paradoxalement de moins en moins d'ebm ou d'electro-industriel. Mes influences sont diverses, chez Skoyz on peut trouver un côté trance, un coté EBM, un côté ambiant ; c'est du moins ce qu'on recherche. Pour les lives le côté percutant de l'EBM prédomine.

Nico : Pour les textes, cela reste des choses simples, des anecdotes, des thèmes qui m'ont marqué tout en évitant les clichés du genre (mort, suicide, guerre...) mais pas de politique, ni d'engagement, nous n'avons pas la prétention de dicter quoi que ce soit aux auditeurs...

Coldroom : Quelles sont les différentes images et couleurs que l'on peut observer dans votre hologramme ?

Stef : Il y a du bleu, du violet et du blanc, pour le reste il faut faire jouer l'imagination.

Coldroom : Comment définiriez-vous l'évolution musicale du groupe entre "Decay" et "Hologram" ?

Stef : Une évolution logique, un abandon progressif des sonorités "saturées" et plus de mélodies et d'ambiances. Je voulais écrire "Hologram" en partant de l'ambiance d'Oppression qui est sur "Decay" et je pense que l'on a réussi.

Nico : Pour les voix beaucoup d'effets divers autres que la disto/overdrive et plusieurs pistes différentes, chose inexistante sur Decay. Pour la musique je dirais qu'Hologram a lui même une évolution : Metamorph, Dark Energy, par exemple, qui sont plus anciens, se rapprochent encore de Decay alors que Cold Colour -Phoenix ou encore Zoom sont plus évolués.

Coldroom : Stef, qu'est-ce qui t'a donné envie de partir vers ces nouvelles sonorités ?

Stef : Ce sont les énormes possibilités de nos machines, et se cantonner à "l'unique son du moment" ce n'est pas notre tasse de thé. Etre en recherche constante est mon credo, je pense que beaucoup d'utilisateurs de synthés sont dans ce cas.

Coldroom : Comment avez-vous choisi les artistes pour les remixes ?

Stef : A l'époque Radek nous a aiguillés sur certains artistes et d'autres ont été choisis par goûts musicaux très personnels comme Polygon ou Neon Cage Experiment qui sont des amis.

Coldroom : S'il fallait donner un qualificatif pour chaque remix :

Stef :
- "Dark Energy" by Interlace : surprenant.
- "Distorted Dreams" by NCE : maîtrisé.
- "Cold Colour" by Destroid : créatif.
- "Distorted Dreams" by Crystalline Effect : marrant.
- "Zoom" by Polygon : onirique.

Nico :
- "Dark Energy" by Interlace : fouillé.
- "Distorted Dreams" by NCE : "NCEisé".
- "Cold Colour" by Destroid : "mouliné".
- "Distorted Dreams" by Crystalline Effect : "popisé".
- "Zoom" by Polygon : "ambientisé".

Coldroom : D'autres groupes se sont penchés sur vos morceaux. Que deviennent leurs participations ? Ces remixes seront-ils tout de même diffusés ?

Stef : Au départ, tous les participants devaient se retrouver sur un album dédiés appelé "Distorted Color", mais le changement de label à modifié la donne et pour le choix il n'a pas été facile.
Notre optique c'est que tous les remixes puissent voir le jour, c'est le cas pour Schattenchlag prochainement, mais aussi Grendel et HIV+ si tout va bien. Bien sur, les autres ne seront pas oubliés.

Nico : Dans tous les cas les morceaux ne seront pas perdus, on tente de les mettre sur des compilations, album de remix... Cela nous gênerait de laisser du travail fait par d'autres groupes au placard.

Coldroom : Vous avez récemment ouvert pour FRONT 242, à l'occasion de leur 25ème anniversaire. Ca représente quoi pour vous ?

Nico : Un grand moment inoubliable. Des gars très cools et très abordables.

Stef : Quand Daniel B à contacté Nico, j'ai cru à une blague. Quelques mois après, ça c'est concrétisé. Je réalise à peine que c'est arrivé, c'est le point d'orgue dans la trajectoire de Skoyz, une chose unique que l'on a vécu pleinement.

Coldroom : Après cette expérience unique, quel autre rêve souhaiteriez-vous réaliser ?

Stef : Pas tellement un rêve : que nous puissions poursuivre Skoyz encore longtemps... sinon au sein de Skoyz mes rêves se sont réalisés au delà de mes espérances.

Coldroom : Des projets pour 2006 ?

Stef : Promotion du nouvel album et divers lives ; rien d'arrêté pour le moment. Et je travaille actuellement sur le futur son de Skoyz...

Nico : Attaquer le successeur d'Hologram" pour éviter de laisser 5 ans s'écouler entre deux albums !

Coldroom : Pouvez-vous nous mettre l'eau à la bouche ? Une petite info "primeur" pour Cold-Room ?

Nico : Je pense de moins en moins EBM et de plus en plus subtil et fouillé mais toujours "dancefloor" !!

Stef : Au programme : structures complexes dans les rythmes et ambiances darks garanties.

www.cold-room.com - 2006