Interview with D-Side


WIRED BRAIN & SON CORTEX


C'est de Lyon que nous vient Wired Brain, un nom qui ne devrait pas vous être inconnu si vous êtes un fidèle de ces pages. Entre ambiances cinématographiques et lourdes, expérimentations reznoriennes et métal-indus musclé, le projet de Philippe Astolfi, on ne peut plus indispensable, vient tout juste de passer chez les pros avec la parution de son premier véritable CD, [Re]:Wired. Prêts à brancher les câbles ?


Wired brain est en fait l'évolution d'une ancienne formation métal qui a débuté vers la fin des années 80. Je trouvais que le style commençait à tourner en rond et, après ma découverte de groupes comme Nine Inch Nails, Front Line assembly ou Skinny Puppy, j'ai décidé d'incorporer de nouveaux sons et ambiances plus électroniques mais les autres membres n'ont alors plus adhéré au projet. Nous nous sommes donc retrouvés à deux en 1997, et je poursuis le projet en solo depuis 1998, date à laquelle on peut dire que Wired Brain est officiellement né dans sa version actuelle. Les progrès et la démocratisation de l'informatique musicale me permettent maintenant d'évoluer seul, que ce soit en studio ou sur scène, bien que je ne désespère pas de retrouver un jour un chanteur motivé.

[Re]:Wired est ton premier véritable album CD après plusieurs sorties CD-R. Vois-tu cela comme une étape nouvelle ?

Oui, et je dirais même qu'il était temps. Mes précédentes démos avaient été bien accueillies, par les magazines, fanzines ou radios, mais les labels ne m'avaient donné aucune réponse. Je commençais un peu à ne plus y croire, quand le contact avec Cortex Records de Strasbourg m'a remonté le moral. J'espère que l'album sera bien accueilli et que d'autres pourront suivre.

On te compare souvent à Trent Reznor pour les ambiances que tu mets en place. Ça te flatte ou ça t'énerve ?

Comment ne pas être flatté par une telle comparaison ? Pour moi, Trent Reznor est un véritable génie musical et Nine Inch Nails est un monstre sur scène. Me comparer à lui est un énorme challenge, car je suis encore très loin d'avoir son talent mais j'espère que ça va venir malgré mon âge avancé.

Il semble d'ailleurs que chez toi cette construction d'ambiances soit ce qui prime, chaque morceau apparaissant comme un univers sonore à part entière...

Tout à fait. Étant un fan de cinéma, je considère chacun de mes morceaux comme un film avec une évolution entre des passages plus ambiants et d'autres plus rythmés. Il m'apparaît très important de varier les ambiances entre les différents morceaux et à l'intérieur même d'un morceau car je ne trouve rien de plus ennuyeux et stérile qu'un album où tout est construit sur la même base et dont tu as fait le tour au bout de deux titres !

JF. Micard / D-SIDE n°11 (07/2002)